DIRTY RITZL'abracadabrante histoirede Polly Montague

DIRTY RITZL'abracadabrante histoirede Polly Montague

W E L C O M EO A L L

Ici trône l'envers du décors. Ici se trouve tout ce que l'on ne vous dit pas, tout ce que vous ne savez pas. Le Gang n'est pas une troupe d'enfants de choeurs. C'est un monde altier et superficielle, c'est un monde dangereux. Il y a une chose qu'il vous faudra comprendre: C'est la seule raison que tu as de te lever le matin. De supporter la sueur, les larmes et le sang. C'est par ce que tu veux que les gens sache que tu es bon, attirant, généreux, drôle et intelligent. Craignez moi ou veinerez moi, mais s'il vous plait, pensez que je suis à part. On a tous en commun cette même dépendance: on est accroc à la reconnaissance. On veut la petite tape dans le dos, les sourires envieux, ces "hip hip hourra" à la con. Regardez ces petits malins en cuir, qui font polir leurs guitares. Brille de mille feu diamant fou. On est des singes en slim fit et bottines qui quémandent la reconnaissance des autres.

Je me présente, je suis Mam'zelle B. dite l'avilit.
Laisser moi vous plonger dans ce qui fut mon univers.
Fermez les yeux, vous y êtes déjà :)






NOTE DU LUNDI 02 JUIN:
Illustrations récentes:
Polly & Adrien selon L. Illustration du 25 Mai.
Adrien & Polly selon S. Illustration du 2 Juin.



NOTE DU JEUDI 29 MAI:
J'ai l'immense honneur de me faire illustrer par Mesdemoiselles L. et S.
Vous savez? Ces dessinatrices de talents qu'on adore tous détester?
C'est à travers leurs oeuvres que vous pourrez vous faire une idée des
visages de mes quelques héros. N'hésitez pas à aller les retrouver sur
WOLFMAN-1968 [ Au début de chaque article se trouvera la lettre de l'auteur du
dessin. Cependant les Wolfman ne seront pas les seules et uniques illustratrices]







N__-_E_-__W-___S_-__L_-__E_-__T___-T_-__E__-_R_-__S
POUR ÊTRE PREVENU DE LA PUBLICATION DE CHAQUE NOUVEL ARTICLE
S'INSCRIRE ICI (et uniquement sur cet article)
..........................miss-juju78-35_____________blue-room...................................blackandwhitecherry
..........................bbbrune-fiction______f__-____bbb-run-island............................shutter-fly
..........................x0x-n0n0-x0x___________i___decadence-parisienne..............hate-lui
..........................nina-dreams-about-bbb..............mel4-nii-x....................................x-bb-brunes-fic-x
..........................sweetasme....................................x-perdus-c3tt3-nuit....................mais-dynamitez-moi
..........................manon-brenda-mann..................episdemais.................................mayaa-fiic
..........................bbbrunesxfiction...........................l0v3-bb-brun3s............................fictionxbbbrunes
..........................look--at--mee................................x-i-need-rock-now-x....................anym0r-e
..........................xbb-brunes-ficx.............................just-me-sandy.............................fiic-bbb
..........................laiisse-moi-te-raconter...............poupoute70.................................fan-of-bb-brunes
..........................bbb-cachee-fic.........................-...reinette-ringuarde.......................bbbruneshistoire
..........................bbb-fic

# Posté le vendredi 09 mai 2008 18:56
Modifié le mercredi 04 juin 2008 10:38

CHAPITRE 1Introduction

CHAPITRE 1Introduction





CH APITRE 1
Nowheriens, adorables petites personnes.



Polly n'existait plus. Etendue de tous son long sur le tapis, elle s'était laissé absorber par le tumulte de la capitale. Sa chambre donnait sur l'Odéon, et dieu sait si la frénésie du célèbre carrefour était bruyante. De là où elle était, elle entendais le brouhaha incessant de la foule qui déferlait, allait, venait, à l'infini. Elle entendais chaque voitures, chaque rires et chaque complaintes. Il y avait même ce clodo, imbibé jusqu'à la moelle, qui discutait vivement avec un de ses compères. Polly, se concentrant, discernait alors clairement chacune de ses paroles. "...c'tait une femme... bordel! Une Vraie! Une perle que j'te dis! Pas farouche, mais pas salope non plus! Ah ça! C'est pas c'te ville de connard qu'aurait reussi à la salir ma Louise! Un jours que j'venais dire b'jour, elle était là, derrière le comptoir avec l'tablier tout, bah t'sais quoi? Qu'elle portait rien dessous." Polly esquissa un bref sourire lorsqu'elle entendit l'autre poivrot prononcer dans un murmure alcoolisé "Roooh, la putain!" Elle tendait l'oreille de plus belle, car l'homme parlait de plus en plus bas. "Alors elle s'est approché de moi, tout près et elle m'a dit..." "I'M TELLING YOU, NOTRE DAME IS OVER HERE HONEY". La saugrenue petite histoire de Louise avait été engloutie sous les glapissements porcins d'une famille qui passait. On les entendis encore un petit moments car comme quoi, non, Notre Dame "Darling", c'était pas du tout par là, et que je te parle fort avec mon accent américain et que les mômes te braille qu'ils ont mal partout. Quand ils furent assez loin pour qu'on ne puisse les entendre, le clodo, lui, avait finit son histoire. "Connards de touristes" pensa Polly.
# Posté le samedi 10 mai 2008 07:04
Modifié le mardi 03 juin 2008 20:38

CHAPITRE 1Partie 1

CHAPITRE 1Partie 1




LE N O W H E R E




C'est une sirène d'ambulance qui la réveilla. Elle eu besoin de quelques minutes pour comprendre qu'elle s'était endormit sur le parquet de sa chambre. Elle se leva, s'étira, et entrepris d'aller jusqu'à la cuisine. Son appartement était immense. Pour atteindre la cuisine depuis sa chambre, il lui fallait traverser une antichambre, un couloir de dix mètre, un boudoir, le salon, la salle à manger et enfin, elle arrivait. En faisant craquer l'antique parquet des pièces, elle criait: "Papa?!" ..."Maman?"... Mais rien. Ces appels résonnaient jusqu'au haut plafond de chacune des pièces. Arrivant sur le carrelage à damier froid de la cuisine, elle soupira. Ils étaient sensé diner en famille ce soir là. Elle saisit une bouteille d'eau dans le réfrigérateur. "Maman?" tenta-t-elle encore. Mais non. Ses parents la livrait à elle même, une fois de plus. Elle posa donc sa bouteille d'eau et retourna au salon. Elle ouvrit le mini-bar de son père, et se servit un grand verre de bourbon. Elle le bu d'une traite. Bien qu'elle ne supportait aucun de ses deux parents, cela la vexait toujours au plus haut point qu'ils l'oublient. Ses yeux se remplirent de larmes. Elle ne savait si c'était le bourbon où l'indifférence de ses parents, mais au fond, s'en contrefoutait. Demain, son père lui offrira sans doute une autre robe Yves Saint Laurent, totalement hors de prix. Il lui dira qu'il l'aime, et lui donnerait ses cinq cent euros quotidien. C'est comme ça qu'on fonctionne dans la famille Montague. En s'achetant les uns les autres.

Il était déjà minuit et demi, Paris s'éveillait enfin. Polly écoutait ses messages. Elle effaça aussitôt celui laissé par sa mère. En revanche, écouta attentivement celui d' Octave. "Meuf, bouge tes adorables petites fesses. On est devant le Panthéon et on compte pas t'attendre toute la nuit." Polly s'attarda dans sa salle de bain. Elle se foutait éperdument du fait de ne pas être attendue. Après tout, elle savais où ils allaient ensuite... Elle se lima les ongles, se brossa les dents et se parfuma. Elle se fit même une petite ligne. Elle enfila une robe bleu marine, informe et très courte, par dessus ses collant. Elle glissa ses pied dans une pair de low boots en cuir noir, qu'elle avait déniché pour pas plus de cinq euros, dans quelques friperies merveilleuses. Elle passa une longue veste très british d'un noir profond, attrapa son sac, et quitta son luxueux appartement.

Dehors, Paris était glacial. Alors qu'elle remontait le boulevard Saint-Michel, la froideur de la nuit lui fouettait le visage et les jambes. Polly ne se permettait ni mèche, ni frange, car l'atout principal de son visage était son grand front bombé, qui lui donnait des mines d'actrice d'autre fois. A part cela, elle était plutôt banale. Le teint assez pâle,un nez fin, imperceptiblement busqué, qui surmontait des lèvres fines, quoique pulpeuses.Elle avait beau posséder un corps svelte et mince, elle avait au niveau des hanches de légères poignées d'amour, qui donnaient à sa démarche filiforme, un côté très provocateur. Alors qu'elle arrivait au panthéon elle aperçut Octave, du haut de son mètre quatre vingt douze. A coté de lui se tenait Lise, adorable frange brune, emmitouflée dans son vieux trench. Ils s'échangèrent quelques bises et continuèrent leur chemin vers la rue Clotilde. Ils ne parlaient pas et n'en ressentaient aucun trouble. La véritable amitié, c'est quand tu peux te permettre de ne pas parlé pendant des minutes entières, sans que cela ne fut gênant. Et après tout, Octave, Lise et Polly se connaissaient depuis toujours. Enfin, après avoir quelque peu descendu Mouffetard ils arrivaient au croisement de la Rue Du Pot De Fer. "'tain! C'est quoi tout ce peuple là?!" s'étonnait Octave. Effectivement, la rue regorgeait d'adolescents, de vuarnets et de perfectos. "Etonnant." murmura Polly dans un sourir. Tout en s'avançant d'avantage dans l'étroite petite rue, Lise résonnait:

"-C'est pas normal, on est pas Lundi.
Normalement le Jeudi, l'endroit est désert.
-Boaf. Plus on est de fous..." grogna Octave.

Soudain, une voix hautaine s'éleva d'un petit groupe plus loin: "Mec, ta gueule, tu me fatigue". C'était Lucie Gallo, vêtue d'un énorme manteau de fourrure. Son frère n'était sans doute pas loin. Ce qui expliquerait parfaitement la présence de tout ce monde, un soir qui n'est pas Lundi. Polly et ses deux compagnons, se décidèrent enfin à rentrer dans "Le Nowhere". Ah! Le Nowhere! Lorsqu'il était plein, c'était l'endroit le plus intéressant de la surface de la Terre. C'était un concours de beauté permanent. Confrontations de coiffures, de styles et d'attitudes. Ici trainaient les vaux riens des scènes Parisiennes. Les meilleures groupes, dont on entendrait jamais parler. Ceux pour qui le plus grand combat pour la liberté avait été menée par Hendrix et non pas par Voltaire. Ceux pour qui le jour était fait d'un ciel rempli d'étoile et de bars miteux comme celui-ci. Ceux pour qui la vie ne semblait ce résumer qu'à Sex, Drugs 'N'... Rock 'N' Roll. Polly ouvrait le pas, et se frayait, tant bien que mal, un passage a travers la foule qui bondait la pièce. Le Nowhere était un bar atypique, construit tout en longueur, aux mur gris et sale, comme ceux d'une cave, et faiblement éclairé. Tout au fond, il y avait un ampli, un synté, un micro et une guitare. Il n'y avait pas de musique de fond comme on trouve ailleurs. Ce soir, c'était les clients les plus fidèles qui chantaient eux même, ce que bon leur semblaient. Arrivés au bout Polly remarqua que leurs places habituelles était prise par deux toutes jeune filles. Pour la première fois depuis le début de la soirée, Polly souriait vraiment. C'était deux petites mèches, comme on les appel. Autrement dit, deux petites innocentes, qui n'avait rien à foutre ici. Cela arrivait de temps en temps que l'emplacement du Nowhere soit découvert par de quelconques fans des BB Brunes, des Shades où d'autres... On les reconnaissait surtout à leur coiffure à grande mèche, mal faite. A leurs converses, perdues au milieux de toutes ces boots en cuir et ces talons hauts; a leurs T-shirt imprimés de photos des Beatles ou de slogan stupide auxquels on ne croyait pas du tout. "I Luv' Rock" disait celui de la blondinette assise en face de Polly. Sur d'elle, cette dernière s'avança jusqu'au charmant couple d'innocentes, Octave et Lise sur ses talons.

"-Navré charmantes jeunes filles, mais il va falloir nous laissé les chaises, dit-elle froidement.
-Hein? tonnèrent ensemble les deux mèches.
-Je vous demande de vous barrer, répondit Polly.
-Quoi? Mais on était là avant! Rétorqua l'une.
-Ah ouais? On en a strictement rien à foutre meuf. Octave s'était mêler à la discussion.
-Nan mais t'as trop cru on était tes chiens là. Comment tu parles? Et elle se prend pour qui celle là?
Demanda l'autre, en désignant Polly. Nous on bouge pas. Trouvez vous d'autres places.
Polly s'avança. Elle se pencha littéralement sur la plus blonde des deux, et approcha son visage au plus près du sien. Si près, que leurs deux nez se touchaient.
La jeune mèche voulu s'écarter, mais Polly lui attrapait l'arrière de la nuque avec ses mains, afin de la maintenir coller à son visage.
-Ecoute moi bien, pauvre petite chose. Ici, t'es chez nous. J'imagine aisément l'euphorie qui a du envahir vos misérables petits c½urs amoureux, lorsque vous avez, je ne sais comment, découvert l'adresse du refuge favoris du merveilleux Adrien Gallo. Mais comme le nom de cet endroit l'indique, ici, vous êtes nulle part. S'il vous arrive quelque chose de grave, ne compte sur aucune de toutes ces adorables petites têtes de rockers pour faire quelque chose. Ici, mon amour, tu n'es rien, pour personne.". Polly avait prononcé ces mots dans un murmure grave et solennelle. Derrière elle, Octave ricanait comme un crécelle. Tétanisée, les deux mèches s'en allèrent.
# Posté le dimanche 11 mai 2008 21:18
Modifié le jeudi 29 mai 2008 09:12

CHAPITRE 1Partie 2

CHAPITRE 1Partie 2




OH SHOW ME THE WAY TO
THE NEXT WHISKY B AR




Une fois assis sur les chaises, si durement acquises Octave, Lise et Polly commencèrent enfin à boire. Décidément, il y avait foule. Octave qui comme à son habitude, se retrouvait très vite entouré de filles, s'était lancé dans un débat sur la science de l'art et les théories fondées sur le principe du goût. Polly savait qu'aucunes demoiselles de son audimat ne se passionnaient vraiment pour la conception objective de l'art, mais qu'en prétextant un quelconque intérêt, celles-ci pouvaient alors jouir sans honte des lèvres pulpeuses et du bleu profond des yeux de ce cher Octave. Lui, ne s'arrêtait plus. C'est fou ce qu'il pouvait devenir sentencieux lorsqu'il buvait trop (Pas assez ?). Comme s'il se devait de prouver quelque chose, Dieu sait quoi, à Dieu sait qui. Le pire, c'est qu'il était loin d'être le seul. Après tout, c'est bien connu : un rocker qui se respecte, qu'il soit Psychédélique, Punk ou Old School, se doit d'être intelligent. Lise et Polly décidèrent ainsi de ne pas s'infliger les trop longues phrases de leur ami plus longtemps. Elles finirent rapidement les dernières gouttes de vodka qui trainaient au fond de leurs verres et s'en allèrent s'accouder au bar. Ce ne fut pas chose facile. Il leur fallu frayer un chemin à travers un véritable bataillon de vestes cintrées et de coiffures expertement décoiffées. A chaque pas, une nouvelle connaissance exigeait de recevoir la bise et comme les deux brunes connaissaient à peu près tout le monde... cela leur prit un certain temps. Quand elles furent enfin arrivées au niveau du comptoir, elles s'immiscèrent, tant bien que mal, entre les coudes d'un vieil homme en chemise noire et ceux de Jeremy Kaponz. Ce dernier les gratifia d'un imperceptible mouvement de tête en guise de salut. Alors qu'elles le lui rendaient poliment, Luis, un des deux barmen, posa promptement deux verres devant elles. « Ah Polly ! Je me désespérais à l'idée de ne pas te voir me vider mes bouteilles ! » s'esclaffait-il tout en leur servant de grandes rasades de gin. « Ces deux là sont gratuits mes poulettes, mais je vous ferais pas cadeau des quinze prochains ! » ajouta-t-il, moqueur. D'un même geste, les deux amies s'enfilèrent la première moitié du liquide d'une traite. Elles se retournèrent ensuite, afin de s'adosser au comptoir. Aussitôt, tel des animaux en rut, les Prostitutes se ruèrent sur elles. Ils commencèrent alors à les draguer d'une manière grossière et lourde, chose qu'ils effectuaient sur a peu près tout ce qui pouvait posséder une poitrine, des hanches et une chatte. Lise jouait le jeu, Polly, elle, laissait faire, sans y porter grand intérêt. Cela faisait bien quinze minutes que les quatre musiciens baratinaient, quand la tête de Jeremy, se posa délicatement sur l'épaule de Polly. « Tu crois qu'il va me la rendre ? » demanda-t-il. Polly suivit son regard. Elle tomba sur Octave, prit dans un tête-à-tête ambigu, avec une petite brune, les cheveux au carré. Polly reconnu aussitôt Camille, la copine de Jeremy. L'alcool commençait tout juste à faire effet. « Si tu te décides pas à lui en coller une ? Aucune chance. » rétorqua-t-elle. Jeremy plongea ses yeux dans ceux de Polly. Il étira alors ses lèvres en un long sourire narquois.

« - Alors c'est vrai ce qu'on dit ?
- Que ?
- Que mademoiselle Montague est une fouteuse de merde.
- Oh ! fit-elle mine de s'offusquer, qui ose dire de tels mensonges ?
- Mmmmh. Il saisit le verre de sont interlocutrice et lui en déroba quelques gorgées. Je dis ça.
- Oh... Ce n'est donc pas un reproche.
- Ah ouais ?
- Ouais.
- Qu'est ce qui te fait dire ça ?
A son tour, Polly lui sourit malicieusement.
- C'est l'attachement naturel que tu as pour les connards qui me le dit, mec.»

Jeremy ironisa un étonnement total. Il détourna son regard du gris foncé des yeux de Polly, et le posa sur Karim Réveillé, qui, comme à son habitude, rond comme une queue de pelle, se cramponnait aux épaules d'un Jules Sitruk très occupé, lui, à faire comprendre aux innocentes mèches de tout à l'heure, qui et ô combien important il était. Kaponz se tournait de nouveau vers Polly. « Meuf, je vois vraiment pas de quoi tu parles. ». Ils s'esclaffèrent tout deux d'un rire entendu et se reprirent à boire.

C'est fou ce que le temps passe vite quand l'alcool danse dans vos veines. Et c'est fou ce que Polly pouvait avoir chaud dans sa petite robe bleue. Elle ressentait entièrement les effets de l'alcool désormais, et n'était même pas capable de se souvenir du nombre de verres qu'elle s'était payée, pas plus que ceux qu'on lui avait offert. Quelque part dans la foule, elle entendait Antoine, qui chantait de sa voix douceâtre. Autour d'elle il y avait trop de monde. Trop de cuir, trop de boots. Elle avait vraiment chaud. De plus, depuis quelques minutes, un répugnant homme d'une quarantaine d'année la tripotait. You're too old to lose it. Il la tenait étroitement serrée contre son bas ventre en la maintenant par les fesses. D'une haleine fétide où se mélangeait bière et rhum, il lui faisait des propositions très peu catholiques. ...too young to choose it... Elle l'attrapa tendrement par la nuque et glissa sa main dans son pantalon. Tout en lui mordant l'oreille elle lui murmura « Rend toi le plus discrètement possible aux toilettes mon grand, je te rejoins tout de suite » You walk past a cafe... L'homme la lâcha enfin et se précipita vers le fond de la salle, où se trouvaient les toilettes. but you dont eat... Le rythme cardiaque de Polly accélérait. Bien que libérée de toute emprise, elle étouffait littéralement. when youve lived too long Il fallait qu'elle sorte. Elle se précipita vers la sortie, bousculant de-ci, de-là tous ceux qui fut sur son passage. Elle croyait mourir, brûlante dans sa robe de coton. Oh wow hooow . Une fois qu'elle l'eut atteinte, elle ouvrit brutalement la porte. Le froid de la nuit l'engloutit aussitôt et pourtant, elle bouillonnait toujours. Soudain, d'un mouvement net et bien connu, elle se pliât. Alors, et ce sur les pavés de l'étroite petite rue, elle régurgita tout ce qui fut possible d'alcools divers et variés. ... You're a Rock 'N' Roll suicide.
# Posté le lundi 12 mai 2008 07:13
Modifié le jeudi 29 mai 2008 09:09

CHAPITRE 1Partie 3ILLUSTRATION: POLLY, TOUT EN ALCOOLPAR S.(WOLFMAN-1968)

CHAPITRE 1Partie 3ILLUSTRATION: POLLY, TOUT EN ALCOOLPAR S.(WOLFMAN-1968)



LE MEILLEUR DES MONDES





Assise par terre sur le minuscule trottoir d'en face, adossée contre le mur, Polly n'existait plus. Les yeux fermés, cigarette au coin des lèvres, elle entendait résonnées les claquements des bottines autour d'elle. Elle se sentait bien, là, ses petites fesses à même le sol. Les effets de l'alcool s'étaient quelque peu dissipés, elle n'étouffait plus. Des bribes de conversation lui arrivait aux oreilles. C'était quelques uns des Nowheriens, sortit par groupes de deux où trois, pour fumer leurs clopes. C'est fou comme ces gens-là ne supportaient pas la solitude, pensa-t-elle. Elle repensa au vieux pervers de tout à l'heure, qui devait s'impatienter dans les toilettes. Et alors qu'elle se délectait d'une autre bouffée de sa Benson & Hedge, elle sentit la fraicheur d'un blouson se coller contre son bras droit. Un « Ca va ? » se fit entendre. Polly n'avait toujours pas ouvert les yeux. Elle répondit à l'inconnu à côté d'elle que, oui, merci, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle pensait avoir été assez froide, pour sentir le blouson se décoller et le jeune homme partir, mais au lieu de cela, elle sentit qu'une main lui dégageait délicatement la longue mèche de cheveux qui lui barrait le visage. Puis, d'une manière encore plus délicate, on lui déposa une infime petite pastille dans le creux de ses lèvres. D'un geste certain et ô combien sensuel, Polly ramena, avec le bout de sa langue, le petit cachet dans sa bouche. Elle l'avala. Les yeux toujours clos, elle posa alors sa tête sur l'épaule gauche de cet homme, qu'elle ne pouvait pas voir.

« - Et comment te prénommes-tu, généreux jeune homme ?
Polly l'entendit laisser un souffle amusée s'échapper de ses narines.
- Alors ça, c'est quelque chose qu'on ne me demande pas souvent. »

Polly trouva la réponse étrange, mais ne s'attarda pas sur le fait. Au fond, elle se fichait éperdument du nom de ce type. A ce moment, Lise sortit du Nowhere, le plus bruyamment que cela fut possible, mettant un terme définitif au semblant de conversation de Polly et son inconnu. Polly ouvrait enfin les yeux. Lise s'avança vers elle, titubante, lui saisit les deux mains et la tira, tant bien que mal, afin de la relever. « Meuuuf. Trop drôle ! Ya' Timothée [Second Sex] qui a vomit sur Nicolas [Naast]. Et genre, en guise d'excuses, il a juste rétorqué Meeec, je viens d'assortir tes fringues à la qualité de ta musique ! » Aha. D'ailleurs, Polly entendait déjà l'énorme grabuge qui provenait de l'intérieur. A peine deux minutes plus tard, le dit Nicolas se faisait violement expulsé du bar par l'un des vigiles (sa chemise effectivement recouverte de déjections). Peu après, Vincent, Arthur [Second Sex] et Octave, sortaient à leur tour, totalement mort de rire. Ils avaient du mal à marcher droit tant ils en gesticulaient. Vincent du même se retenir à Lise pour ne pas tomber. « Aaaaahaaa. Mais quelle gland ce mec ! » Gloussait-il. « Oh Polly ! T'aurais vu la droite que lui à foutu Tim ! Bam ! Il doit plus savoir où il habite ce pédé ! » S'excitait Octave, tout en mimant la scène. Polly prit alors part aux funestes injures qui suivirent, à l'égard du bien aimé batteur des Naast. Ce n'est que lorsque Vincent lui proposa, très discrètement, une petite pilule rose vif, que Polly se souvint de celle qu'on lui avait amicalement offerte tout à l'heure. Elle se retourna vers le mur d'en face. Assis à la place qu'elle occupait, il y a de ça dix minutes, se tenait Jeremy Kaponz. A sa droite, Adrien Gallo. Polly leur tourna le dos et reprit part à la discussion qu'elle avait quittée. Comme celui-ci insistait, elle refusa l'amphétamine que lui proposait Vincent. Puis, d'un coup, elle fut saisit d'un doute.

« - Octave ?
- Ouais ?
- C'est toi qui fournis Adrien, non ?
- Uniquement en coke. Pourquoi ?
- Il m'a donné un cachet tout à l'heure, mais j'ai pas fais gaffe. Il a quoi habituellement sur lui ?
Octave haussa les épaules en signe d'ignorance. C'est alors qu'Arthur vint se placer juste derrière Polly. Il saisit ses frêles petites épaules, cala son menton dans le creux de son long cou et lui murmura d'une voix inquiétante:
- Du GHB meuf, la drogue du violeur. »

Quatre « Ta gueule Arthurosse » fusèrent comme des flèches. Le guitariste s'écarta du groupe, riant ouvertement de sa propre blague, qu'il avait dû trouver excellente, et alla se joindre à un autre petit attroupement, plus bas dans la rue. Tim sortit du bar, suivit de Lucie et des Molly's . Il était temps de se trouver une autre occupation. Un autre endroit où se mettre plus minable qu'ils ne l'étaient tous déjà. Vincent saisit l'un des bras de Polly, qui attrapa Octave de l'autre. Ils se mirent en marche avec les autres, sans savoir où ils allaient, formant une masse de cuirs et de bottines noires, invisibles dans la nuit.
# Posté le lundi 12 mai 2008 17:31
Modifié le vendredi 16 mai 2008 15:14